Gaggadeh (Dikhil), 4 mars 2026 — Trois jours après sa première dépêche, Afar Voice a poursuivi son enquête sur le terrain afin d’établir avec précision les circonstances de l’attaque survenue dans le village de Gaggadeh, dans le district de Dikhil, sous-préfecture de Yoboki.
Déroulement des faits
Selon plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, l’attaque aurait eu lieu le 2 mars 2026, peu après la prière de midi, aux alentours de 14 heures (heure locale). Des habitants affirment qu’un drone aurait frappé une zone de pâturage où se trouvaient des enfants qui gardaient leurs troupeaux.
Deux victimes ont été formellement identifiées : Momina Ali Mohamed et Mohamed Ali Mohamed. Les deux enfants, cousins germains, étaient les petits-enfants d’un okal/makanbatu connu localement sous le nom de Youssouf.
D’après les familles et des témoins directs, les enfants auraient succombé à leurs blessures plusieurs heures après l’attaque du drone, faute de soins médicaux d’urgence et de prise en charge rapide.
Version officielle et zones d’ombre
Le 3 mars 2026, les autorités djiboutiennes, par la voix du procureur général Hassan Mohamed Hassan, ont reconnu l’existence de quatre victimes. Toutefois, la communication officielle évoque une « explosion » sans en préciser l’origine (voir pièces jointes).
Le procureur général a annoncé l’ouverture d’une enquête ainsi que le déploiement d’une équipe de gendarmes sur les lieux.
Sur le terrain, cette version suscite des interrogations. La nature exacte de l’« explosion » demeure floue et aucun détail technique n’a été fourni quant à l’origine du projectile. Les témoignages des familles de victimes et des habitants divergent de la version officielle, évoquant explicitement une frappe de drone.
Réactions et condamnations
L’attaque a été dénoncée par plusieurs organisations et mouvements politiques, notamment la Ligue des droits de l’homme et les partis politiques d’opposition, tels que l’ARD et le FRUD.

Le 4 mars, plusieurs médias régionaux ont relayé l’information, soulignant les contradictions entre la version officielle et les témoignages des proches des victimes.
Une enquête attendue
Alors que les autorités promettent une enquête, de nombreuses questions demeurent : pourquoi faire abstraction des témoignages des témoins sur place et qualifier cette attaque contre des enfants d’« explosion » ? Pourquoi ces mêmes autorités n’ont-elles jamais partagé la conclusion des frappes sur Siyarou et Balho?
La population locale attend des réponses claires, une enquête transparente ainsi qu’une prise en charge médicale et psychologique pour les survivants, qui n’auraient pas encore bénéficié d’assistance.
Outre les pertes humaines, plusieurs têtes de bétail auraient été tuées lors de l’attaque. Ces pertes représentent un manque à gagner significatif pour les familles concernées et, plus largement, pour les villageois, dont l’économie repose essentiellement sur l’élevage.
À l’heure de la publication de cet article, selon des proches des familles résidant à Djibouti-ville et à Dikhil-ville, la route menant vers Gaggadeh demeurerait fermée à la circulation. Selon ces mêmes sources, les familles des victimes ainsi que les personnes blessées ne bénéficieraient d’aucune assistance. Tous les témoignages ont été recueillis par téléphone, ainsi que les photos de victimes.
Afar Voice continuera de suivre l’évolution de cette affaire et de publier tout nouvel élément avéré et vérifié.



